Cancer de la vessie

Cancer de la vessie : définition

Le cancer de la vessie est une maladie urologique qui se développe à partir de diverses cellules présentes au niveau de la paroi de la vessie (l’épithélium urothélial). Le plus souvent, il prend naissance dans les cellules de la muqueuse de la paroi vésicale : on parle de carcinome urothélial.

Comme tous les types de cancer, la maladie apparaît lorsque des cellules saines se transforment et se multiplient de façon anarchique pour former une tumeur maligne. Dans le cancer de la vessie, les cellules cancéreuses sont souvent peu nombreuses au début et localisées à la muqueuse.

Le plus souvent, il s’agit de tumeurs de la vessie non infiltrantes ou superficielles. Lorsque la maladie s’étend et qu’elle s’installe plus en profondeur dans la paroi, atteignant la couche musculaire ou les organes proches, on parle de cancer de la vessie infiltrant.

facteur de risque du cancer vessie

On en distingue deux formes de tumeurs de la vessie :

La tumeur superficielle de vessie ou tumeur non infiltrante

A ce stade, il ne s’agit pas encore d’un cancer mais d’une tumeur qui se développe dans la vessie sans traverser sa paroi en profondeur. Le traitement à ce stade du cancer de la vessie repose sur une intervention courte qui se fait en passant par la voie urinaire. Il consiste à retirer le polype pour analyse au microscope. Cette maladie impose un suivi très régulier car les polypes ont une forte tendance à repousser. Dans certains cas, pour diminuer le risque de récidive, à 1 mois de l’intervention initiale, on injecte dans la vessie un produit, en consultation 1 fois par semaine pendant 6 semaines. Ce produit a pour but de stimuler l’immunité de la vessie et de diminuer le risque de repousse tumorale.

La tumeur infiltrante de la vessie

A ce stade il s’agit d’un cancer de la vessie. Le traitement repose sur l’association d’une chimiothérapie et d’une chirurgie. La chirurgie consiste à retirer complètement la vessie. Dans ce cas, il faudra définir en fonction du patient et de sa maladie s’il est possible de reconstruire une vessie ou s’il faut réaliser une stomie. Cette intervention peut désormais être réalisée en chirurgie mini-invasive avec l’utilisation du Robot chirurgical Da Vinci.

anatomie de la vessie

Anatomie de la vessie

La vessie est un organe qui fait partie de l’appareil urinaire. Elle se situe au niveau du bassin et se compose de deux parties :

  • le dôme vésical, qui constitue un réservoir entre chaque miction, lui-même constitué d’une couche externe de muscle lisse appelée détrusor et d’une muqueuse interne appelée urothélium ;
  • le col vésical, qui retient l’urine par l’action du sphincter urétral et qui ouvre la vessie sur le canal de l’urètre.

Le rôle majeur de la vessie est de stocker la miction en provenance des reins jusqu’à l’évacuation de l’urine par l’urètre. L’écoulement est contrôlé par le sphincter urétral et acheminé depuis les reins par les uretères. Quand la vessie se remplit, les sphincters se ferment. Progressivement, la paroi vésicale s’étire avec le remplissage, provoquant des influx nerveux pour signaler l’envie d’uriner. Le détrusor se contracte et les sphincters s’ouvrent pour permettre à l’urine de s’écouler vers l’extérieur. Lorsque le processus est terminé, les sphincters se referment.

Épidémiologie du cancer de la vessie

Le cancer de la vessie est diagnostiqué chez près de 13 000 personnes chaque année en France. Il s’agit d’une maladie qui touche plus les hommes que les femmes, puisqu’on estime que le nombre d’hommes touchés par un cancer de la vessie est 2 à 3 fois plus élevé que le nombre de femmes atteintes.

L’âge moyen au moment du diagnostic de cancer de la vessie est de 70 ans, même si la maladie peut apparaître à tout âge.

Les données épidémiologiques sont cependant à interpréter avec précaution. Elles sont soumises à des fluctuations en fonction de nombreux facteurs, comme les avancées en matière de dépistage et de traitement, les modes de vie et les facteurs de risque.

Cancer de la vessie: les facteurs de risque

L’origine d’un cancer de la vessie n’est pas clairement identifiée. Cependant, un certain nombre de facteurs de risque sont susceptibles de favoriser le développement de cette pathologie.

Les facteurs plus connus sont :

  • le tabac ;
  • l’exposition à certaines substances chimiques dans un contexte professionnel ;
  • une radiothérapie dans la région basse de l’abdomen/du pelvis dans le cadre d’un précédent traitement ;
  • une chimiothérapie par cyclophosphamide dans le cadre d’un cancer de l’ovaire, d’un adénocarcinome mammaire, d’un cancer bronchique à petites cellules, d’un lymphome malin hodgkinien ou non hodgkinien, d’un myélome multiple, etc. ;
  • une pathologie tropicale appelée bilharziose urogénitale ;
  • un traitement pour une tumeur urétrale ou une tumeur du bassinet.

Espérance de vie du cancer de la vessie

Dans une majorité de cas (entre 70 et 80 %), le cancer de la vessie est détecté lorsque la tumeur est localisée dans la vessie et qu’elle n’a pas encore franchi la couche de fibres musculaires qui entourent l’organe.

Bien pris en charge avec un protocole adapté et proposant différents traitements du cancer de la vessie, la maladie présente un taux de survie à 5 ans très bon puisqu’il atteint 80 à 90 % (cancer de vessie non invasif). En présence d’une tumeur vésicale qui s’est déjà propagée à la couche musculeuse lors du diagnostic, le taux de survie à 5 ans est d’un peu moins de 50 %.

Le cancer de la vessie est un cancer qui a tendance à récidiver après sa guérison initiale puisqu’on estime que 50 à 70 % des patients touchés par une tumeur non invasive présentent une rechute de la maladie. Dans 10 à 30 % des récidives, la tumeur a commencé à se propager dans la couche musculeuse de la paroi vésicale au moment du diagnostic de la rechute. C’est pourquoi un suivi régulier au long court est mis en place chez les personnes touchées par un cancer de la vessie.

S’il n’est pas pris en charge, le cancer de la vessie va se propager pour envahir la paroi de la vessie, puis les organes proches comme les ganglions lymphatiques, la prostate, les vésicules séminales, l’utérus, les ovaires, etc. Des localisations secondaires peuvent aussi apparaître (métastases) au niveau du foie, des poumons ou encore du cerveau.

 

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