Cancer de la prostate
Une nouvelle approche du cancer de la prostate
Avec plus de 50 000 nouveaux patients touchés par an, le cancer de la prostate représente le premier cancer masculin en France. Présentant peu de symptômes, notamment à un stade précoce, il peut toutefois entraîner des troubles urinaires et de l’érection. Certains facteurs de risques peuvent favoriser sa survenue.
Durant les 20 dernières années l’approche du cancer de prostate a complètement changée. La découverte la plus importante, est que nous savons que certains cancers de prostate sont tout à fait inoffensifs et qu’ils ne méritent aucun traitement, une simple surveillance permettra de s’assurer qu’ils n’évoluent pas.
Nous avons appris à faire un meilleur usage des outils qui permettent le dépistage du cancer, et d’éviter à certains patients le diagnostic inutile de ce type de cancer dit “indolent”.:
- Une meilleure utilisation du dosage sanguin du PSA, l’utilisation des biomarqueurs, l’apport de l’IRM de prostate et la technique de biopsies ciblées nous permettent d’éviter à un grand nombre de patients des biopsies de prostate inutiles.
- Il persiste néanmoins certains cancers de prostate agressifs, qui méritent d’être diagnostiqués à un stade précoce pour qu’il soit encore possible de les guérir.
Les traitements modernes du cancer de prostate permettent de réduire considérablement le risque d’impuissance et d’incontinence liés aux effets des anciens traitements.
Données épidémiologie du cancer de la prostate en France
Le cancer de la prostate est le premier cancer chez l’homme, avant le cancer du poumon. Selon les données de Santé Publique France de 2015, le nombre de nouveaux cas s’élevait à 50 400 dans l’hexagone. Les relevés de 2018 ne sont pas disponibles.
Le cancer de la prostate est assez rare chez les hommes jeunes. Il touche plutôt les hommes à partir de la cinquantaine, et l’âge moyen au moment du diagnostic est de 68 ans en 2018.
En 2017, la prévalence estimée (le nombre de cas total dans une population à un moment donné) était de 643 156 patients en France. Le nombre de décès par cancer de la prostate est en régression de 3,7 % entre les données de 2010 et de 2018. Il était de 8 100 en 2018. L’âge de survenue moyen au moment du décès était de 83 ans.
Il s’agit généralement d’un cancer de bon pronostic puisqu’on estime la survie nette à 5 ans à 93 % et à 10 ans à 80 %.
L’anatomie de la prostate
La prostate est une glande de la taille d’une noix qui joue un rôle déterminant dans la reproduction chez l’homme. Elle est responsable de la production d’un des composants du sperme, le liquide séminal, ainsi que de l’éjaculation lorsqu’elle se contracte. Ses fonctions sont sous contrôle de la testostérone, l’hormone masculine sécrétée par les testicules.
La prostate se situe sous la vessie et entoure l’urètre, le canal qui achemine l’urine vers l’extérieur. Elle est divisée en trois parties : une zone périphérique proche du rectum (la plus grande zone de la glande), d’où la majorité des cancers de la prostate prennent naissance, une zone de transition au centre assez petite, mais qui tend à augmenter de volume avec l’âge (adénome bénin de la prostate ou hypertrophie bénigne), et une zone centrale située à la base de la glande qui entoure les canaux éjaculateurs.
Les facteurs de risques du cancer de la prostate
Plusieurs facteurs sont susceptibles d’augmenter le risque de développer un cancer de la prostate:
- Le facteur majeur est l’âge, car la maladie est plus courante chez les patients à partir de la cinquantaine,
- Les antécédents familiaux de cancer de la prostate représentent également un facteur de risque de voir apparaître cette pathologie. Certaines mutations génétiques peuvent aussi représenter un risque accru. Les mutations les plus couramment retrouvées sont BRCA2 et HOXB13, bien que les cancers de la prostate liés à des mutations génétiques héréditaires soient plutôt rares.
- Une alimentation mal équilibrée, riche en graisses et en sucre et pauvre en nutriments peut contribuer à augmenter le risque de cancer de la prostate. Les hommes en surpoids ou en obésité ont plus de chances d’être touchés par une tumeur prostatique.
- On estime également que le cancer de la prostate est plus fréquent chez les hommes noirs, d’origine ethnique africaine ou caribéenne, que chez les hommes d’autres origines ethniques. Les hommes noirs ont par ailleurs plus de risques d’être porteurs d’une tumeur d’évolution rapide, avec un pronostic moins bon.
- Enfin, les hommes de grande taille à l’âge adulte présentent plus de chances d’être touchés par le cancer prostatique. Cette augmentation de risque semble être liée à divers facteurs comme la génétique ou la vitesse de croissance à l’enfance.
D’autres facteurs de risques sont considérés comme « possibles », c’est-à-dire qu’une certaine relation entre ces éléments et le cancer de la prostate a été établie, mais qu’il n’existe pas encore suffisamment de preuves scientifiques pour affirmer qu’ils représentent réellement un risque. D’autres investigations sont nécessaires. Parmi eux, on note une alimentation riche en calcium et produits laitiers, un taux de vitamine E ou de sélénium faible dans le sang, le fait de travailler au contact de certains produits chimiques (pesticides, cadmium, produits de l’industrie du caoutchouc), une prostatite (inflammation de la prostate), la consommation tabagique, ou un taux d’androgènes élevé. Enfin il a été récemment démontré que les hommes qui éjaculent entre 4 et 7 fois par semaine ont 36% de risque en moins de développer un cancer de prostate.
Biopsie de prostate ciblées périnéales sous anesthésie locale : La précision sans risque d’infection – Vidéo
Les principaux types de cancers de la prostate
Dans la grande majorité des cas (90 %), le cancer de la prostate est un adénocarcinome prostatique qui prend naissance à partir des cellules épithéliales qui tapissent la prostate.
Les autres cas de tumeurs prostatiques sont généralement d’autres types de carcinomes ou des sarcomes.
On distingue par ailleurs plusieurs stades d’évolution : le cancer de la prostate dit localisé (ou intracapsulaire) avec des cellules tumorales présente dans la prostate sans extension, et le cancer de la prostate extracapsulaire, dont les cellules ont traversé la capsule de la glande pour rejoindre les vaisseaux sanguins ou lymphatiques. La maladie peut alors se propager aux ganglions lymphatiques voisins ou atteindre d’autres organes et parties du corps à distance : ce sont les métastases. En présence d’un cancer de la prostate métastatique, les zones touchées se situent le plus souvent au niveau des os, du foie ou des poumons.
Actualités et informations sur le cancer de la prostate
Quels sont les premiers symptômes du cancer de la prostate?
CE QU’IL FAUT RETENIR:
Le cancer de la prostate reste silencieux longtemps, mais un dépistage précoce dès 50 ans (45 ans avec antécédents familiaux) via PSA sanguin et examens complémentaires permet de le détecter avant symptômes et d’optimiser les chances de guérison sans traitements inutiles.
- Symptômes non spécifiques : Troubles urinaires (nycturie, jet faible, vidange incomplète), hématurie/hémospermie, douleurs pelviennes ou érectiles apparaissent tardivement et évoquent souvent l’adénome bénigne ; consulter urologue dès 50 ans pour exclure malignité.
- Diagnostic en étapes : PSA (total/libre, densité >0.15 ng/ml/cm³, PHI) + IRM prostatique systématique pour cibler biopsie fusionnée (échographie+IRM) ; évite 30% des biopsies inutiles et confirme le cancer avec précision.
- Biopsie décisive : Examen gold standard pour diagnostic définitif et stadification ; oriente surveillance active, chirurgie ou traitements adaptés, maximisant efficacité grâce à détection précoce.
Le cancer de la prostate chez l’homme de moins de 50 ans
CE QU’IL FAUT RETENIR:
Le cancer de la prostate chez les hommes de moins de 50 ans, en hausse grâce à un meilleur dépistage (IRM/PSA), est influencé par facteurs familiaux, HPV, obésité et environnement, nécessitant des traitements adaptés préservant fertilité et sexualité.
- Incidence croissante : Amélioration diagnostic (IRM multiparamétrique, PSA), surdiagnostic tumeurs indolentes, rôle HPV, prédispositions afro-américaines/familiales, expositions cancérigènes et sédentarité expliquent l’augmentation chez jeunes.
- Traitement privilégié : Prostatectomie radicale robotique (Da Vinci) pour tumeurs localisées, minimisant saignements/récupération et préservant nerfs érectiles ; radiothérapie/curiethérapie pour comorbidités.
- Surveillance active controversée : Réservée bas risque (T1c/T2a, PSA<10, Gleason<7), avec suivi PSA/biopsies ; permet éviter traitements invasifs mais évaluation long terme manquante chez jeunes.
L’espérance de vie du cancer de la prostate avec métastases osseuses
CE QU’IL FAUT RETENIR:
Le cancer de la prostate stade 4 (métastatique, classification TNM) se propage principalement aux os, ganglions, foie ou poumons, nécessitant une prise en charge multidisciplinaire palliative pour contrôler la maladie, soulager les symptômes et prolonger confortablement la vie.
- Métastases les plus fréquentes : Os (douleurs, fractures, compression médullaire due à affinité tumorale), ganglions pelviens (gonflement), foie (jaunisse, altération hépatique) et poumons (toux, dyspnée) ; ne régressent pas spontanément.
- Traitements complémentaires : Hormonothérapie/traitements systémiques + analgésiques/opioïdes, bisphosphonates/denosumab contre hypercalcémie, radiothérapie locale pour douleur/fractures, soins palliatifs pour qualité de vie.
- Espérance de vie variable : Survie 5 ans 30-50% selon âge, état général, étendue lésions et réponse thérapeutique ; approche personnalisée optimise durée et confort malgré pronostic réservé.
Prise en charge du cancer de la prostate de stade 2, traitements & survie
CE QU’IL FAUT RETENIR:
Le cancer de la prostate stade 2, tumeur localisée à la glande sans extension, offre un excellent pronostic avec guérison possible, adapté selon score Gleason (6: surveillance ; 7 intermédiaire ; 8-10: traitement rapide).
- Symptômes rares et non spécifiques : Asymptomatique souvent ; troubles urinaires (jet faible, nycturie, vidange incomplète) ou sexuels dus plutôt à adénome bénin ; hématurie ou douleurs pelviennes signalent consultation urgente.
- Traitements personnalisés : Surveillance active (faible risque), prostatectomie radicale robot-assistée, radiothérapie (externe/curie), traitement focal mini-invasif (cryothérapie/HIFU pour tumeurs unilatérales visibles).
- Excellent pronostic : Contrôle durable voire guérison complète grâce à détection précoce ; choix selon âge/santé/agressivité préserve qualité de vie et fonctionnelle.
Cancer de la prostate de stade 1: Diagnostic, traitements et survie
CE QU’IL FAUT RETENIR:
Le cancer de la prostate stade 1, tumeur microscopique localisée sans symptômes (score Gleason 6, PSA bas), offre un pronostic excellent (>99% survie 5 ans) grâce à sa croissance lente et aux options de prise en charge adaptées préservant la qualité de vie.
- Caractéristiques et diagnostic : Non palpable, découvert fortuitement via PSA/ biopsie/IRM ; grade bas (cellules proches du normal), confiné à prostate sans extension (TNM T1).
- Traitements personnalisés : Surveillance active prioritaire (PSA/toucher/biopsies régulières) pour éviter sur-traitement ; prostatectomie radicale, radiothérapie externe/curie si progression ou préférence patient.
- Stades/grades complémentaires : Stade 2 (palpable/localisé), 3 (capsule), 4 (métastases) ; Gleason 6 (faible), 7 (intermédiaire), 8-10 (agressif) guident choix thérapeutique.
Prise en charge du cancer de prostate de stade 4
CE QU’IL FAUT RETENIR:
Le cancer de la prostate stade 4 (avancé/métastatique, TNM) s’étend au-delà de la prostate vers tissus voisins, ganglions ou organes distants (os principaux), nécessitant une prise en charge multidisciplinaire personnalisée pour contrôler progression et optimiser qualité de vie.
- Symptômes selon extension : Troubles urinaires (rétention, brûlures), douleurs osseuses (dos/hanches), fatigue/perte poids, complications (obstruction rénale, fractures, compression médullaire) ; asymptomatique parfois.
- Diagnostic et stratégie : PSA élevé, IRM/biopsie, RCP (urologues/oncologues) pour stadification ; traitements adaptés à âge/santé (chirurgie locale + hormonothérapie si ganglions, sinon systémiques).
- Traitements et pronostic : Chimiothérapie/thérapies ciblées/immunothérapie pour métastases ; palliatif soulage symptômes ; survie améliorée par innovations malgré stade avancé.
Pourquoi demander un deuxième avis médical pour un cancer de la prostate ?
CE QU’IL FAUT RETENIR:
Demander un deuxième avis médical pour un cancer de la prostate est un droit permettant d’explorer toutes options thérapeutiques, clarifier diagnostic et gagner confiance, particulièrement utile à tout stade face à incertitudes ou insatisfaction.
- Avantages clés : Explorer surveillance active, chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie ou chimiothérapie adaptés ; éviter sur-traitements en distinguant cancer d’adénome/prostatite ; tranquillité avant décision.
- Moments opportuns : Insatisfaction traitement actuel, médecin non-spécialiste, intuition personnelle ; pertinent post-diagnostic, avant traitement ou en cours pour alternatives personnalisées.
- Experts à consulter : Radiologues/anatomopathologistes (biopsies), urologues (chirurgie), oncologues médicaux/radiothérapeutes (thérapies ciblées, curiethérapie) pour avis multidisciplinaire complet.
Traitements du cancer de la prostate et troubles digestifs
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Comment garder une prostate en bonne santé ?
La prostate peut être le siège de différents troubles qui peuvent affecter la qualité de vie et la santé des hommes. Heureusement, il existe des moyens simples et naturels pour prendre soin de sa prostate
L’échographie de la prostate : Modalités et intérêts
CE QU’IL FAUT RETENIR:
L’échographie prostatique, indolore et rapide (15-30 min), utilise ultrasons via voie sus-pubienne (vessie pleine) ou endorectale (rectum vide) pour visualiser prostate, vessie et structures voisines sans contraste.
- Intérêts diagnostiques : Évalue taille/forme/texture prostate (nodules, kystes), résidu vésical post-miction, densité PSA (volume/PSA), guide biopsies fusion IRM/échographie et traitements (drainage prostatite, HIFU).
- Préparation adaptée : Sus-pubienne : 1L eau 1h avant sans uriner ; endorectale : lavement rectal ; éviter gaz (légumes secs, sodas) pour images nettes.
- Déroulement simple : Gel/sonde sur pubis ou rectale lubrifiée, images temps réel, mesures (volume), compte-rendu immédiat ; reprise normale immédiate, gêne légère transitoire.
Séquelles après une radiothérapie de prostate: Comment éviter les dommages sur le rectum
CE QU’IL FAUT RETENIR:
Le gel SpaceOAR est un dispositif résorbable placé entre la prostate et le rectum avant radiothérapie, créant un espace de sécurité qui diminue fortement la dose de rayons au rectum, les séquelles digestives et la durée globale du traitement.
- Objectifs et bénéfices : Éloigner le rectum de plus d’1 cm, réduire d’environ 75% les complications rectales et de 73% la dose reçue, permettant de mieux traiter la prostate tout en protégeant les organes voisins.
- Procédure simple : Geste ambulatoire de 30 minutes, sans incision, guidé par échographie endorectale, sous anesthésie locale (pommade + xylocaïne), avec solidification immédiate du gel entre prostate et rectum.
- Évolution du gel : Gel totalement résorbable, disparaissant spontanément en quelques mois, sans intervention ultérieure, et permettant souvent d’envisager des radiothérapies raccourcies (5 à 10 séances au lieu d’environ 35).
Le protocole de surveillance active du cancer de la prostate
CE QU’IL FAUT RETENIR:
La surveillance active du cancer de la prostate est une stratégie majeure pour les formes à faible risque, permettant d’éviter ou de retarder les traitements lourds tout en gardant la maladie sous contrôle par un suivi rigoureux.
- Principe et patients candidats : Réservée aux cancers localisés, peu volumineux, peu agressifs (Gleason ≤6, PSA <10 ng/ml), avec examens réguliers (PSA, toucher rectal, IRM, biopsies) afin de détecter toute progression.
- Bénéfices et limites : Préserve qualité de vie en évitant d’emblée chirurgie/radiothérapie et leurs risques (impuissance, incontinence), tout en laissant la possibilité de bénéficier de futurs traitements ; nécessite cependant une bonne adhésion et peut générer de l’anxiété si l’information est insuffisante.
- Passage au traitement curatif : Décidé par l’urologue en cas de hausse du PSA, modification du toucher, IRM ou Gleason ; options possibles : prostatectomie, radiothérapie, ou traitement focal (HIFU, cryothérapie, électroporation, curiethérapie) selon profil tumoral et préférences du patient.












