La prostatectomie est une chirurgie courante pour traiter le cancer de la prostate. L’utilisation du Robot Da Vinci dans le cadre d’une prostatectomie robot assistée est de plus en plus fréquente. La chirurgie robotique et le système Da Vinci présentent en effet des avantages considérables pour les patients comme pour le chirurgien. Mais toutes les interventions ne peuvent pas être assistées du robot Da Vinci.
Le robot Da Vinci est un système chirurgical qui permet aux chirurgiens de contrôler des instruments chirurgicaux à distance depuis une commande de contrôle informatisée. Cet outil innovant a été approuvé par la FDA aux États-Unis en 2000 pour la chirurgie urologique. Petit à petit, il a trouvé sa place en France jusqu’à devenir de plus en plus populaire dans les établissements de soins pour traiter la prostate, la vessie ou les reins.
Ces avantages sont :
Mais la prostatectomie robotisée n’est pas indiquée chez tous les patients et dépend aussi des caractéristiques de la tumeur. La prostatectomie robotisée est le plus souvent proposée aux patients qui sont touchés par un cancer de la prostate localisé, sans extension à d’autres parties du corps (non métastatique). Elle est par ailleurs plutôt réservée aux patients âgés de moins de 75 ans.
Le robot Da Vinci peut aussi être utilisé dans d’autres interventions chirurgicales, comme la néphrectomie, la cystectomie ou la pyéloplastie.
Le système Da Vinci est cependant coûteux et nécessite une formation spécifique pour les chirurgiens. Les avantages et inconvénients de son utilisation doivent donc être évalués avec une grande attention avant de choisir cette méthode chirurgicale.
Dès lors que la date opératoire est définie, vous recevrez la liste des examens à réaliser
Avant l’opération, le patient bénéficie d’une consultation d’anesthésie pour s’assurer de l’absence de contre-indications. Ce rendez-vous doit être programmé quelques jours avant le geste et au plus tard 48 heures avant.
Le secrétariat d’anesthésie programmera un rendez-vous avec l’anesthésiste. Le rendez-vous doit avoir lieu au plus tard 48heures avant l’intervention. Il vaut mieux cependant rencontrer l’anesthésiste 15 jours avant l’intervention, car le médecin anesthésiste peut être amené à vous prescrire d’autres examens pour compléter le bilan.
Un bilan sanguin et urinaire est aussi nécessaire quelques jours avant la chirurgie pour contrôler le bon fonctionnement des reins et vérifier l’absence de problèmes de coagulation.L’analyse d’urine doit être réalisée entre 10 et 7 jours avant l’intervention.
Elle a pour but de vérifier qu’il n’y a pas d’infection urinaire. L’absence d’infection urinaire est établie lorsque l’analyse d’urine est « Sterile » ou que la culture est « négative ». L’examen d’urine peut montrer un nombre anormal de globules blancs ou de globules rouges (hématies) sans que cela ait de conséquences. Une analyse d’urine stérile récente est nécessaire pour réaliser l’intervention. En cas d’infection urinaire, l’intervention sera reportée et un traitement antibiotique vous sera prescrit.
Afin de diminuer le risque de phlébites, il est indiqué de porter des bas de contention élastique avant l’entrée au bloc opératoire et durant toute la période post opératoire jusqu’à 1 mois après l’intervention.
Il est recommandé d’acheter 2 paires de bas de contention élastique. Les bas doivent prendre le mollet et ne doivent pas nécessairement remonter jusqu’à la cuisse.
Identifier le Kinésithérapeute spécialisé en rééducation périnéale et anticiper la prise de rendez-vous de façon à commencer la rééducation 1 mois après l’intervention. On réalise habituellement 2 séances par semaine.
Le kinésithérapeute doit posséder les équipements permettant de faire de l’électrostimulation et du bio-feedback. Demandez-lui s’il est bien spécialisé dans ce domaine. L’intervention se déroule sous anesthésie générale.
Présentez-vous aux admissions de l’hôpital à l’heure qui vous aura été indiquée.
Pensez à prendre avec vous les examens d’imagerie (IRM prostatique), pensez à respecter la durée du jeûne qui vous a été précisé par l’anesthésiste. On demande habituellement de ne rien manger ni fumer durant les 6 heures qui précèdent l’intervention. On autorise de boire des liquides clairs et sucrés sans pulpe jusqu’à 2 heures avant l’intervention (Eau , café sucré, jus sans pulpe)
L’intervention dure environ 3 heures, mais la durée de votre présence au bloc opératoire sera plus élevée, car elle comprend le temps d’installation et de réveil.
Le chirurgien urologue pilote le robot Da Vinci sur la console de commandes. Les bras robotisés réalisent les gestes. Les incisions sont minimes puisqu’elles font moins de 1 cm de large. L’intérieur de l’abdomen est visualisé grâce à la caméra 3D HD intégrée au système robotisée.
Durant la prostatectomie radicale:
En sortant de salle d’opération, vous serez transféré en salle de réveil pour une durée de 1 à 2 heures.
Après l’opération, une boisson sucrée est proposée en salle de réveil. L’équipe de soins vous aide à vous lever. Ces gestes permettent de stimuler le transit intestinal et participent à la conservation de l’autonomie. Une infirmière expliquera la gestion de la sonde urinaire. Un suivi postopératoire est programmé pour votre retour à domicile.
Dès votre retour en chambre vous serez autoriser à boire de l’eau. Une collation légère vous sera servie quelques heures après l’intervention`.
L’intervention peut être réalisée en chirurgie ambulatoire, c’est-à-dire avec une sortie le jour même de l’intervention. En fonction des patients l’hospitalisation peut également être maintenue de 1 à 7 jours.
L’intervention chirurgicale provoque très peu de douleurs. Parfois des douleurs modérées derrière les omoplates peuvent survenir pendant 1 ou 2 jours, elles sont liées à la persistance d’air dans le ventre. Le ventre étant gonflé d’air durant l’opération sous cœlioscopie.
Le retour à domicile s’effectue donc avec la sonde urinaire en place (entre le premier et le 7ièeme jour post opératoire). Son retrait sera programmé au domicile par une infirmière. L’ablation de sonde dure environ 3 secondes, c’est un geste simple et très peu douloureux. Le retrait de la sonde doit être réalisé le matin et il est conseillé de boire 1,5 à 2 litres d’eau dans les heures qui suivent.
Il convient de s’assurer que les mictions reprennent. Il est habituel d’avoir des besoins fréquents, et des brûlures urinaires lors des premières mictions.
Une sonde urinaire est laissée en place pendant 7 jours après l’intervention. Elle est mise en place lorsque le patient est sous anesthésie générale. Elle provoque plutôt une gêne qu’une douleur. Elle sera retirée 7 jours après l’intervention le matin. Le retrait de la sonde est un geste infirmier qui n’est pas douloureux et qui ne dure que quelques secondes.
Le transit intestinal reprend habituellement dès le 1er ou 2ième jour post opératoire. Il peut parfois survenir des ballonnements lors de la reprise du transit.
Tout de suite après l’ablation de la sonde urinaire, les premières mictions peuvent s’accompagner de légères brûlures urinaires, de mictions trop fréquentes, ou urgentes et de fuites involontaires d’urine.
Ces symptômes disparaissent rapidement. Dans certains cas, les fuites d’urines peuvent durer plus longtemps et pourront être traitée par une rééducation périnéale réalisée par un kinésithérapeute spécialisé.
Pendant toute la durée du sondage urinaire, il peut apparaître du sang dans les urines. Ceci impose d’augmenter les boissons (eau) pour diluer les urines.
2 à 3 semaines après l’intervention, alors que les urines sont redevenues claires, il peut survenir une récidive de saignement. Ceci est lié au fait qu’une croûte située à sur la zone opératoire se dissout. C’est ce que l’on appelle la chute d’escarre. Pas d’inquiétude, il suffit d’augmenter les boissons pour diluer le sang, assurer des urines rosées. Ce saignement modéré devrait rapidement se tarir.
La durée de convalescence varie d’un patient à l’autre. La reprise des activités varie aussi en fonction des patients, de sa profession et de sa pratique sportive.
Il faudra peut-être attendre un mois avant de récupérer totalement sa forme habituelle. Aussi, étant donné que le patient ne percevait aucun symptôme lié à la maladie avant d’être hospitalisé, c’est le moment durant lequel il prend conscience qu’il était malade.
Il vaut mieux de prévoir du temps la sortie de l’hôpital. Un minimum de 15 jours semble indispensable simplement d’un point de vue psychologique avant de reprendre une activité normale.
La prostate ou la partie de la glande retirée pendant l’intervention est envoyée en laboratoire d’anatomopathologie pour analyse. Les résultats sont importants pour savoir si la tumeur est limitée à la prostate ou si la maladie s’est étendue en dehors. Si c’est le cas, le risque de récidive est présent, et il faudra sans doute mettre en place un traitement complémentaire comme de la radiothérapie.
Un suivi postopératoire est instauré pour contrôler l’absence de récidive du cancer de la prostate. Il repose essentiellement sur des consultations médicales et sur la réalisation d’examens complémentaires comme un bilan sanguin avec dosage du PSA.
Elle sera l’occasion de vous indiquer les résultats de l’analyse de la pièce opératoire.
La prostate est examinée par un anatomo-pathologiste qui indique si la maladie était exclusivement à l’intérieur de la prostate et si les marges chirurgicales sont saines.
Dans le cas où il persiste des fuites d’urine, c’est à partir de cette date que l’on débutera une rééducation périnéale. Même en l’absence de fuite d’urine, il sera recommandé de réaliser quelques séances de rééducation pour bien comprendre et maîtriser en toute situation les mécanismes de la continence urinaire.
C’est aussi le moment où l’on instaure un protocole de réhabilitation sexuelle.
Cette réhabilitation repose sur la mise en route de traitements qui permettent au sexe de rester en bon état en attendant que de vraies érections reprennent. Il repose sur la prise de médicament, l’utilisation d’un gel dans l’urètre et/ou la pratique d’injections intra-caverneuses.
On préconise la prise d’un comprimé de tadalafil 20mg 2 fois par semaine dès la sortie de l’hôpital (par exemple le lundi et jeudi). Ce comprimé n’a pas pour objectif de déclencher des érections, mais de maintenir une bonne oxygénation des corps caverneux.
C’est le dernier élément qui permet de formuler un pronostic. Lorsque la pièce opératoire indiquait que le cancer était uniquement dans la prostate, que les marges chirurgicales sont saines et que le PSA à 3 mois est à 0 ng/ml , c’est la situation idéale pour envisager une guérison complète de la maladie.
Il devra être réalisé tous les 6 mois pendant 2 ans, puis tous les ans pendant 8 ans.
La chirurgie robot-assistée présente de nombreux avantages. Il existe néanmoins quelques inconvénients:
Enfin, le geste opératoire en lui-même ne présente pas d’inconvénients particuliers. Certains chirurgiens peuvent être déroutés par le retour de force (le toucher des organes) absent avec le robot Da Vinci. Avec la pratique, ce manque tend cependant à disparaître.
De légères douleurs peuvent cependant apparaître après l’intervention chez certains patients. Celles-ci sont généralement bien calmées par la prise de médicaments antalgiques prescrits par le médecin. Un traitement anticoagulant par voie injectable doit être administré pour éviter les risques de phlébite et d’embolie pulmonaire. Le port de bas de contention est nécessaire pendant quelques semaines.
Dès le premier jour, les patients sont autorisés à se lever. Cela est même encouragé. L’alimentation intervient aussi dès le premier jour. Le drain parfois mis en place au cours de l’opération sera retiré après quelques jours. C’est le chirurgien qui détermine le moment du retrait qui peut varier de 1 à 4 jours selon les patients.
La sonde urinaire est souvent laissée en place pendant environ 8 jours. Elle est généralement bien tolérée, même si elle peut entraîner une gêne chez certains patients. Concernant la durée d’hospitalisation, celle-ci est à définir avec votre chirurgien.
Il n’est pas rare d’observer une incontinence urinaire tout de suite après le retrait de la sonde. Ce symptôme est habituellement temporaire et disparaît peu à peu en quelques semaines ou quelques mois chez la grande majorité des patients traités. Une rééducation du périnée et du sphincter peut-être recommandée et, dans certains cas, des séances de rééducation auprès d’un kinésithérapeute spécialisé.
Il existe un faible risque de blocage urinaire après l’ablation de sonde. Il se manifeste par une envie d’uriner avec la vessie pleine sans arriver à émettre les urines. Ceci peut être causé par des caillots de sang qui bloquent le conduit urinaire. C’est pourquoi si les urines sont rouges il faut augmenter la quantité d’eau absorbée jusqu’à rendre les urines rosées ou claires. Ceci évite la formation de caillots et diminue le risque de blocage urinaire.
Dans certains cas, le blocage peut survenir alors que les urines sont claires. Il peut être causé par oedeme au niveau des sutures. Dans ce cas on repose une sonde pour quelques jours.
Si la chirurgie robot assistée diminue fortement les risques de complication, chaque opération comporte des risques inhérents au geste en lui-même ou à l’anesthésie. De plus, pendant l’opération, le chirurgien peut découvrir un élément imprévu qui nécessite des gestes supplémentaires pour compléter ceux qui étaient prévus initialement.
Les complications liées à l’anesthésie ou à l’état de santé du patient sont expliquées au cours d’une consultation préopératoire avec l’anesthésiste. Ces complications sont cependant rares.
Les complications exceptionnelles directement liées à une prostatectomie sont :
Plus tardivement, certains troubles peuvent apparaître chez un nombre de patients, notamment :
Chirurgien Urologue à Paris
Spécialisé en technique mini-invasives, chirurgie robotique et traitement focal du cancer de prostate
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