La néphrectomie partielle ou totale fait partie des traitements de référence du cancer du rein localisé (lire à ce sujet notre article sur les examens du diagnostic du cancer du rein). Historiquement, cette opération était réalisée par voie ouverte avec une cicatrice assez délabrante, qui imposait de réaliser une large cicatrise sous les cotes et parfois de retirer la 12ième ou la 11ième cote.
Elle est depuis plus de 20 ans pratiquée par voie coloscopique grâce à de minimes incisions. La néphrectomie peut aussi inclure l’utilisation du robot Da Vinci afin d’accroître la visibilité du chirurgien pour une vue tridimensionnelle et une meilleure précision dans les gestes. Cette technique est d’autant plus adaptée à la néphrectomie partielle, une intervention délicate qui permet d’épargner le plus possible la fonction rénale.
Le choix de la technique dépend de plusieurs critères, comme la localisation de la tumeur, son volume ou les habitudes de votre chirurgien.
Généralement, on considère que la néphrectomie par voie ouverte est parfois encore utile pour les tumeurs très volumineuses ou lorsqu’elles sont étendues aux tissus voisins. La néphrectomie par voie cœlioscopique devrait donc être privilégiée pour la majorité des tumeurs du rein lorsque le volume de la tumeur et sa localisation le permettent.
La chirurgie du rein est une chirurgie qui reste délicate, car elle impose de disséquer et de contrôler des gros vaisseaux.
Lorsque l’on réalise une néphrectomie partielle, l’artère rénale devra être temporairement bouchée par une petite pince pour extraire la tumeur puis suturer le rein sans provoquer d’hémorragie. Pour ces gestes chirurgicaux précis, le recours au robot Da Vinci est une option particulièrement intéressante. Les étapes de la néphrectomie partielle robotisée sont explicitées dans le schéma ci après:
Le robot Da Vinci offre de nombreux avantages pour la néphrectomie partielle :
Tout d’abord, il rend possible de retirer des tumeurs complexes par des incisions de 7mm en chirurgie mini invasive.
Lors de l’intervention, on doit disséquer et isoler les vaisseaux l’artère et la veine rénale et leurs branches. Le contrôle du réseau vasculaire rénal complexe est grandement facilité par les instruments robotiques, ce qui réduit fortement les risques de saignements et de complications, d’autant que le geste nécessite rapidité et précision.
Le champ opératoire est bien plus visible grâce à la vision tridimensionnelle en haute définition. Le chirurgien est libre de zoomer ou de déplacer le champ opératoire pour accroître la précision et la mobilité.
Le chirurgien à 4 mains avec une grande dextérité : les bras articulés munis d’instruments sont d’une extrême précision. Ils réduisent aussi les tremblements du praticien. Grâce à l’utilisation du robot Da Vinci, le chirurgien peut contrôler lui-même les mouvements de 4 instruments alors qu’en coelioscopie classique il ne peut en tenir que 2.
Le robot Da Vinci de dernière génération que j’utilise à l’Hôpital Américain et à la clinique Turin dispose d’une fonction supplémentaire qui est la vision infra rouge. Cette fonction est particulièrement intéressante pour la néphrectomie partielle, car elle permet de vérifier après avoir bouché l’artère qui nourrit la tumeur que la région à retirer ne reçoit effectivement plus de sang et éviter ainsi une hémorragie. Pour utiliser cette fonction, durant l’intervention, on injecte un produit fluorescent dans la perfusion du patient. En passant en vison infra rouge, on peut contrôler les zones qui restes irriguées qui apparaissent en vert fluorescent et celles qui ne le sont plus qui ne sont pas fluorescentes.
De plus dans certain cas, au lieu de clamper l’artère qui vascularise la totalité du rein, on peut ne clamper que la branche de l’artère rénale qui va vers la tumeur. Ceci permet de préserver totalement la fonction du rein restant en évitant de lui faire subir une ischémie. La vision infrarouge permet dans ce cas de vérifier que la branche de l’artère qui a été clampée suffit a interrompre le flux sanguin de la zone qui doit être retirée.
En somme, l’utilisation du robot Da Vinci permet de maximiser la préservation du rein traité, de diminuer le saignement, de réaliser la procédure plus rapidement et comme toute chirurgie mini invasive de diminuer les douleurs post opératoire et de favoriser une reprise d’activité normale plus rapide pour le patient.
Rappelons simplement que le robot ne fait rien par lui-même, les instruments sont manipulés par le chirurgien qui est installé à quelques mètres du patient. Le robot Da vinci est un télé manipulateur et n’effectue en fait aucune tache de fond.
L’intervention se déroule sous anesthésie générale et nécessite donc une consultation d’anesthésie jusqu’à 48 heures avant la date programmée de chirurgie.
En fin d’intervention, le rein est suturé à l’aide de clips en compression.
Les suites opératoires peuvent être marquées par des douleurs modérées, bien calmées par la prise d’un traitement antalgique adapté. L’hospitalisation peut durer quelques jours selon les cas, suivie d’une période de repos à domicile en respectant les recommandations de votre chirurgien quant à sa durée.
Pendant la convalescence, il faut se reposer le plus possible et éviter les efforts, le port de charges lourdes, l’activité physique, etc.
Dans la plupart des cas, il n’est pas nécessaire de suivre un régime alimentaire spécifique après la convalescence et les patients peuvent reprendre leurs activités habituelles.
Il est toutefois vivement recommandé de boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour.
Le tarif dépend de nombreux paramètres, comme la technique utilisée, la complexité du cas clinique et la durée prévisible d’intervention, les honoraires des différents intervenants, les frais d’hospitalisation propres à l’établissement de soins, etc.
Un devis détaillé est toujours remis au patient au cours d’une consultation préopératoire.
Chirurgien Urologue à Paris
Spécialisé en technique mini-invasives, chirurgie robotique et traitement focal du cancer de prostate
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