17 juin 2026

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Cryothérapie de la prostate, un traitement focal du cancer: indications et résultats

Cryothérapie de la prostate
Pr Aurel Messas

Ce qu'il faut retenir

La cryothérapie prostatique est un traitement mini-invasif du cancer de la prostate localisé qui détruit les cellules tumorales par congélation intense (environ -40 °C). Des sondes sont introduites par voie périnéale sous guidage échographique et IRM. Le traitement est majoritairement focal : seule la zone cancéreuse est ciblée, la prostate n'est pas retirée. Elle s'adresse aux cancers à risque faible ou intermédiaire, ainsi qu'aux récidives après radiothérapie. La continence est préservée dans plus de 95 % des cas, la fonction érectile dans environ 70 %. Les traitements radicaux restent possibles en cas de récidive.

  • Traitement focal : seule la tumeur est détruite, la prostate est conservée
  • Indiqué pour les cancers localisés à risque faible ou intermédiaire et certaines récidives post-radiothérapie
  • Continence urinaire préservée dans plus de 95 % des cas, érection maintenue dans ~70 % des cas
  • Biopsies négatives à 3 ans dans environ 70 % des cas, survie sans récidive biologique à 5 ans entre 60 et 77 %
  • Effets secondaires fréquents : rétention urinaire transitoire et infections urinaires
  • N'exclut pas un traitement radical ultérieur (chirurgie, radiothérapie) en cas de progression

La cryothérapie de la prostate fait partie des nouveaux traitements du cancer de la prostate localisé. Il s’agit d’une technique mini-invasive qui détruit la tumeur par le froid en ciblant uniquement la zone atteinte. Elle permet ainsi de traiter certains cancers tout en limitant les effets secondaires urinaires et sexuels souvent présents avec des traitements plus radicaux.

 

Qu’est-ce que la cryothérapie de la prostate ?

La cryothérapie prostatique consiste à détruire les cellules tumorales par un refroidissement intense, autour de -40 °C. Le froid agit directement sur les cellules. Il provoque la formation de cristaux de glace, altère les membranes et perturbe la vascularisation locale, ce qui aboutit à leur destruction.

Des sondes sont introduites dans la prostate par voie périnéale, sous guidage échographique endorectal. L’IRM de la prostate réalisée en amont permet de localiser la lésion, et peut être utilisée en fusion avec l’échographie pour améliorer la précision du geste.

Dans la majorité des cas, le traitement focal du cancer de la prostate est privilégié. Seule la zone cancéreuse est ciblée. Le reste de la prostate est conservé, ce qui modifie l’approche habituelle qui reposait sur l’ablation de la glande. Ici, le traitement vise à contrôler la maladie tout en préservant les fonctions.

Le Pr Messas peut proposer cette approche en fonction des résultats du PSA, de l’IRM et des biopsies ciblées.

traitement focal de la prostate

 

Dans quels cas proposer une cryothérapie de la prostate ?

La cryothérapie du cancer de la prostate peut être envisagée en présence d’un cancer localisé, souvent à risque faible ou intermédiaire, avec une lésion visible à l’IRM et suffisamment localisée pour être traitée de manière ciblée. Le volume tumoral, les caractéristiques histologiques de la tumeur et le taux de PSA ainsi que le score de Gleason sont pris en compte dans la décision.

Elle peut aussi être discutée en cas de récidive après radiothérapie, notamment lorsque les autres options sont limitées ou qu’une chirurgie de rattrapage est difficile.

Cette approche présente un intérêt dans certains cas bien précis. Elle traite la tumeur de manière ciblée, avec un impact plus limité sur les structures impliquées dans la continence et l’érection.

Cryothérapie prostatique vs chirurgie vs radiothérapie

Critère Cryothérapie Chirurgie (prostatectomie) Radiothérapie
Approche Destruction ciblée par le froid Ablation totale de la prostate Irradiation de la glande
Invasivité Mini-invasive (sondes périnéales) Invasive (ablation chirurgicale) Non invasive
Anesthésie Générale ou locorégionale Générale Pas d’anesthésie requise
Durée 1 à 2 heures 2 à 4 heures Plusieurs séances étalées
Récupération Rapide Plus longue Progressive
Continence urinaire Conservée dans > 95 % des cas Variable selon technique Variable
Fonction érectile Maintenue dans ~70 % des cas Risque élevé selon nerfs Risque modéré à long terme
Options après échec Nouvelle cryo ou traitement radical Radiothérapie possible Cryo ou chirurgie de rattrapage

Le traitement du cancer de la prostate par cryothérapie est mini-invasif : Il n’y a pas d’ablation de la prostate. Les suites sont en général plus simples avec une récupération rapide.

Autre intérêt de ce traitement : la cryothérapie ne ferme pas la porte aux autres options thérapeutiques. En cas de récidive ou de progression, une nouvelle séance peut être discutée si la maladie reste localisée. Si la pathologie évolue, une prostatectomie radicale ou une radiothérapie reste possible.

La cryothérapie prostatique peut être proposée à des patients pour lesquels la préservation des fonctions urinaires et sexuelles pèse dans la décision, si la tumeur est limitée et que le traitement peut rester focal.

À savoir

Le caractère focal du traitement impose de sélectionner rigoureusement les candidats. Une atteinte diffuse ou multifocale limite en effet l’intérêt de cette stratégie puisque certaines zones peuvent ne pas être traitées.

 

Comment se déroule une cryothérapie prostatique ?

La cryothérapie prostatique est réalisée sous anesthésie et dure entre 1 et 2 heures.

Le patient est installé en position gynécologique. Les sondes sont introduites par voie périnéale à travers la peau sous guidage échographique endorectal, avec un repérage préalable en IRM ou une fusion des images IRM–échographie.

Après mise en place d’une sonde urinaire, des aiguilles sont introduites dans la prostate. Leur position est contrôlée en temps réel grâce à l’imagerie. Le traitement repose sur des cycles de congélation et de réchauffement successifs qui permettent de traiter la zone tumorale avec précision. Une « boule de glace » se forme autour des sondes, elle correspond à la zone traitée. Sa progression est surveillée pour éviter les structures voisines.

À savoir

L’œdème de la prostate après traitement peut gêner l’écoulement des urines. Une sonde urinaire peut être nécessaire de façon transitoire pour sécuriser cette phase postopératoire.

Déroulement d’une séance de cryothérapie prostatique

Étape Action réalisée Détail clé
1 – Bilan pré-opératoire IRM, PSA, biopsies ciblées Localise la lésion à traiter
2 – Préparation Anesthésie + position gynécologique Nécessaire pour accès périnéal
3 – Mise en place des sondes Introduction par voie périnéale Guidage échographique endorectal
4 – Repérage imagerie Fusion IRM / échographie Précision du ciblage tumoral
5 – Pose sonde urinaire Protection voies urinaires Prévention rétention post-op
6 – Cycles cryo-réchauffement Congélation puis décongélation Forment une boule de glace ciblée
7 – Surveillance en temps réel Contrôle progression de la glace Protège structures voisines
8 – Suivi post-traitement PSA, imagerie, biopsies contrôle Détecte récidive éventuelle

 

Cryothérapie prostate : efficacité et résultats

L’évaluation de la cryothérapie de la prostate prend en compte le contrôle tumoral et la préservation fonctionnelle.

Sur le plan fonctionnel, les données montrent une continence urinaire conservée dans plus de 95 % des cas et une fonction érectile maintenue dans environ 70 % des situations. Ces résultats peuvent cependant varier selon la localisation de la tumeur et la zone traitée*.

Sur le plan oncologique, environ 70 % des patients présentent des biopsies négatives à 3 ans. Une proportion importante ne nécessite pas de traitement radical à moyen terme. Dans les séries plus anciennes, la survie sans récidive biologique à 5 ans se situe autour de 60 à 77 %*.

En cas de récidive, plusieurs options restent possibles. Une nouvelle cryothérapie peut être discutée. Un traitement plus radical peut aussi être envisagé selon l’évolution.

Le Pr Messas prend en compte ces éléments dans la discussion de la stratégie thérapeutique, notamment lorsqu’une récidive est suspectée ou si un traitement complémentaire doit être envisagé.

*source: American Hospital of Paris et Urofrance

 

Résultats cliniques de la cryothérapie prostatique focale

Indicateur Résultat Délai / Précision Source
Continence urinaire conservée > 95 % des patients Post-traitement American Hospital of Paris / Urofrance
Fonction érectile maintenue ~70 % des patients Post-traitement American Hospital of Paris / Urofrance
Biopsies négatives à 3 ans ~70 % des patients À 3 ans de suivi American Hospital of Paris / Urofrance
Survie sans récidive biologique 60 à 77 % des patients À 5 ans de suivi Séries cliniques (Urofrance)
Durée de l’intervention 1 à 2 heures Par séance Article
Température de destruction Environ -40 °C Lors de la congélation Article

 

Quels sont les effets secondaires et les risques de la cryothérapie de prostate ?

La cryothérapie prostatique est un traitement peu invasif, mais elle n’est pas dénuée de risques.

Les effets les plus fréquents sont une rétention urinaire transitoire et des infections urinaires. Une gêne périnéale peut apparaître dans les jours qui suivent. Des complications plus rares existent, comme des troubles urinaires persistants, une dysfonction érectile ou de façon exceptionnelle, une fistule.

Une surveillance active du cancer de la prostate est systématiquement mise en place après le traitement avec un suivi du PSA, des examens d’imagerie et, si nécessaire, des biopsies de contrôle.

 

Questions fréquentes sur la cryothérapie prostate

Qu’est-ce que la cryothérapie de la prostate ?

La cryothérapie de la prostate est une technique mini-invasive qui détruit les cellules cancéreuses par le froid, à environ -40 °C. Des sondes sont introduites dans la prostate par voie périnéale sous guidage échographique. Le traitement est généralement focal : seule la zone tumorale est ciblée, ce qui permet de préserver les tissus sains et de limiter les effets secondaires urinaires et sexuels.

Qui peut bénéficier d’une cryothérapie de la prostate ?

La cryothérapie prostatique est indiquée pour les patients atteints d’un cancer de la prostate localisé, à risque faible ou intermédiaire, avec une lésion visible à l’IRM et suffisamment localisée. Elle peut aussi être envisagée en cas de récidive après radiothérapie. Les patients souhaitant préserver leurs fonctions urinaires et sexuelles sont particulièrement concernés, à condition que la tumeur ne soit pas diffuse ou multifocale.

Quels sont les effets secondaires possibles d’une cryothérapie prostatique ?

Les effets secondaires les plus fréquents sont une rétention urinaire transitoire nécessitant une sonde, des infections urinaires et une gêne périnéale passagère. Des complications plus rares incluent des troubles urinaires persistants ou une dysfonction érectile. Exceptionnellement, une fistule peut survenir. Ces effets restent globalement moins importants qu’avec une chirurgie radicale ou une radiothérapie, grâce au caractère focal du traitement.

Quelle est l’efficacité de la cryothérapie pour traiter le cancer de la prostate ?

La cryothérapie présente de bons résultats pour les cancers localisés sélectionnés. Environ 70 % des patients ont des biopsies négatives à 3 ans. La survie sans récidive biologique à 5 ans se situe entre 60 et 77 %. Sur le plan fonctionnel, la continence urinaire est préservée dans plus de 95 % des cas et la fonction érectile dans environ 70 % des situations, selon la localisation de la tumeur traitée.

Peut-on refaire une cryothérapie de la prostate en cas de récidive ?

Oui, une nouvelle séance de cryothérapie peut être envisagée en cas de récidive, si la maladie reste localisée. D’autres options thérapeutiques restent également possibles, comme une prostatectomie ou une radiothérapie. C’est l’un des avantages majeurs de cette technique : elle préserve les options de traitement ultérieures, contrairement à certains traitements radicaux qui limitent les possibilités de prise en charge en cas d’évolution.

Quelle est la différence entre cryothérapie et chirurgie de la prostate ?

La chirurgie retire la prostate entière ou une zone atteinte avec une marge de sécurité. La cryothérapie cible uniquement la zone tumorale.

 

Références bibliographiques

  1. Kotamarti S, Polascik TJ. « Focal cryotherapy for prostate cancer: a contemporary literature review. ». Ann Transl Med. 2023. 11(1):26. PubMed PMID:36760265
  2. Chin YF, Lynn N. « Systematic Review of Focal and Salvage Cryotherapy for Prostate Cancer. ». Cureus. 2022. 14(6):e26400. PubMed PMID:35911314
  3. Tay KJ, Polascik TJ. « Focal Cryotherapy for Localized Prostate Cancer. ». Arch Esp Urol. 2016. 69(6):317-26. PubMed PMID:27416635
  4. Khan A, Khan AU, Siref L et al.. « Focal Cryoablation of the Prostate: Primary Treatment in 163 Patients With Localized Prostate Cancer. ». Cureus. 2023. 15(4):e37172. PubMed PMID:37153263
  5. Karwacki J, Kiełbasa J, Szczepaniak Z et al.. « Current Status of Cryoablation in Prostate Cancer Management. ». Clin Med Insights Oncol. 2025. 19:11795549251350830. PubMed PMID:40620664
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