La cryothérapie de la prostate fait partie des nouveaux traitements du cancer de la prostate localisé. Il s’agit d’une technique mini-invasive qui détruit la tumeur par le froid en ciblant uniquement la zone atteinte. Elle permet ainsi de traiter certains cancers tout en limitant les effets secondaires urinaires et sexuels souvent présents avec des traitements plus radicaux.
La cryothérapie prostatique consiste à détruire les cellules tumorales par un refroidissement intense, autour de -40 °C. Le froid agit directement sur les cellules. Il provoque la formation de cristaux de glace, altère les membranes et perturbe la vascularisation locale, ce qui aboutit à leur destruction.
Des sondes sont introduites dans la prostate par voie périnéale, sous guidage échographique endorectal. L’IRM de la prostate réalisée en amont permet de localiser la lésion, et peut être utilisée en fusion avec l’échographie pour améliorer la précision du geste.
Dans la majorité des cas, le traitement focal du cancer de la prostate est privilégié. Seule la zone cancéreuse est ciblée. Le reste de la prostate est conservé, ce qui modifie l’approche habituelle qui reposait sur l’ablation de la glande. Ici, le traitement vise à contrôler la maladie tout en préservant les fonctions.
Le Pr Messas peut proposer cette approche en fonction des résultats du PSA, de l’IRM et des biopsies ciblées.
La cryothérapie du cancer de la prostate peut être envisagée en présence d’un cancer localisé, souvent à risque faible ou intermédiaire, avec une lésion visible à l’IRM et suffisamment localisée pour être traitée de manière ciblée. Le volume tumoral, les caractéristiques histologiques de la tumeur et le taux de PSA ainsi que le score de Gleason sont pris en compte dans la décision.
Elle peut aussi être discutée en cas de récidive après radiothérapie, notamment lorsque les autres options sont limitées ou qu’une chirurgie de rattrapage est difficile.
Cette approche présente un intérêt dans certains cas bien précis. Elle traite la tumeur de manière ciblée, avec un impact plus limité sur les structures impliquées dans la continence et l’érection.
| Critère | Cryothérapie | Chirurgie (prostatectomie) | Radiothérapie |
|---|---|---|---|
| Approche | Destruction ciblée par le froid | Ablation totale de la prostate | Irradiation de la glande |
| Invasivité | Mini-invasive (sondes périnéales) | Invasive (ablation chirurgicale) | Non invasive |
| Anesthésie | Générale ou locorégionale | Générale | Pas d’anesthésie requise |
| Durée | 1 à 2 heures | 2 à 4 heures | Plusieurs séances étalées |
| Récupération | Rapide | Plus longue | Progressive |
| Continence urinaire | Conservée dans > 95 % des cas | Variable selon technique | Variable |
| Fonction érectile | Maintenue dans ~70 % des cas | Risque élevé selon nerfs | Risque modéré à long terme |
| Options après échec | Nouvelle cryo ou traitement radical | Radiothérapie possible | Cryo ou chirurgie de rattrapage |
Le traitement du cancer de la prostate par cryothérapie est mini-invasif : Il n’y a pas d’ablation de la prostate. Les suites sont en général plus simples avec une récupération rapide.
Autre intérêt de ce traitement : la cryothérapie ne ferme pas la porte aux autres options thérapeutiques. En cas de récidive ou de progression, une nouvelle séance peut être discutée si la maladie reste localisée. Si la pathologie évolue, une prostatectomie radicale ou une radiothérapie reste possible.
La cryothérapie prostatique peut être proposée à des patients pour lesquels la préservation des fonctions urinaires et sexuelles pèse dans la décision, si la tumeur est limitée et que le traitement peut rester focal.
À savoir
Le caractère focal du traitement impose de sélectionner rigoureusement les candidats. Une atteinte diffuse ou multifocale limite en effet l’intérêt de cette stratégie puisque certaines zones peuvent ne pas être traitées.
La cryothérapie prostatique est réalisée sous anesthésie et dure entre 1 et 2 heures.
Le patient est installé en position gynécologique. Les sondes sont introduites par voie périnéale à travers la peau sous guidage échographique endorectal, avec un repérage préalable en IRM ou une fusion des images IRM–échographie.
Après mise en place d’une sonde urinaire, des aiguilles sont introduites dans la prostate. Leur position est contrôlée en temps réel grâce à l’imagerie. Le traitement repose sur des cycles de congélation et de réchauffement successifs qui permettent de traiter la zone tumorale avec précision. Une « boule de glace » se forme autour des sondes, elle correspond à la zone traitée. Sa progression est surveillée pour éviter les structures voisines.
À savoir
L’œdème de la prostate après traitement peut gêner l’écoulement des urines. Une sonde urinaire peut être nécessaire de façon transitoire pour sécuriser cette phase postopératoire.
| Étape | Action réalisée | Détail clé |
|---|---|---|
| 1 – Bilan pré-opératoire | IRM, PSA, biopsies ciblées | Localise la lésion à traiter |
| 2 – Préparation | Anesthésie + position gynécologique | Nécessaire pour accès périnéal |
| 3 – Mise en place des sondes | Introduction par voie périnéale | Guidage échographique endorectal |
| 4 – Repérage imagerie | Fusion IRM / échographie | Précision du ciblage tumoral |
| 5 – Pose sonde urinaire | Protection voies urinaires | Prévention rétention post-op |
| 6 – Cycles cryo-réchauffement | Congélation puis décongélation | Forment une boule de glace ciblée |
| 7 – Surveillance en temps réel | Contrôle progression de la glace | Protège structures voisines |
| 8 – Suivi post-traitement | PSA, imagerie, biopsies contrôle | Détecte récidive éventuelle |
L’évaluation de la cryothérapie de la prostate prend en compte le contrôle tumoral et la préservation fonctionnelle.
Sur le plan fonctionnel, les données montrent une continence urinaire conservée dans plus de 95 % des cas et une fonction érectile maintenue dans environ 70 % des situations. Ces résultats peuvent cependant varier selon la localisation de la tumeur et la zone traitée*.
Sur le plan oncologique, environ 70 % des patients présentent des biopsies négatives à 3 ans. Une proportion importante ne nécessite pas de traitement radical à moyen terme. Dans les séries plus anciennes, la survie sans récidive biologique à 5 ans se situe autour de 60 à 77 %*.
En cas de récidive, plusieurs options restent possibles. Une nouvelle cryothérapie peut être discutée. Un traitement plus radical peut aussi être envisagé selon l’évolution.
Le Pr Messas prend en compte ces éléments dans la discussion de la stratégie thérapeutique, notamment lorsqu’une récidive est suspectée ou si un traitement complémentaire doit être envisagé.
*source: American Hospital of Paris et Urofrance
| Indicateur | Résultat | Délai / Précision | Source |
|---|---|---|---|
| Continence urinaire conservée | > 95 % des patients | Post-traitement | American Hospital of Paris / Urofrance |
| Fonction érectile maintenue | ~70 % des patients | Post-traitement | American Hospital of Paris / Urofrance |
| Biopsies négatives à 3 ans | ~70 % des patients | À 3 ans de suivi | American Hospital of Paris / Urofrance |
| Survie sans récidive biologique | 60 à 77 % des patients | À 5 ans de suivi | Séries cliniques (Urofrance) |
| Durée de l’intervention | 1 à 2 heures | Par séance | Article |
| Température de destruction | Environ -40 °C | Lors de la congélation | Article |
La cryothérapie prostatique est un traitement peu invasif, mais elle n’est pas dénuée de risques.
Les effets les plus fréquents sont une rétention urinaire transitoire et des infections urinaires. Une gêne périnéale peut apparaître dans les jours qui suivent. Des complications plus rares existent, comme des troubles urinaires persistants, une dysfonction érectile ou de façon exceptionnelle, une fistule.
Une surveillance active du cancer de la prostate est systématiquement mise en place après le traitement avec un suivi du PSA, des examens d’imagerie et, si nécessaire, des biopsies de contrôle.
La cryothérapie de la prostate est une technique mini-invasive qui détruit les cellules cancéreuses par le froid, à environ -40 °C. Des sondes sont introduites dans la prostate par voie périnéale sous guidage échographique. Le traitement est généralement focal : seule la zone tumorale est ciblée, ce qui permet de préserver les tissus sains et de limiter les effets secondaires urinaires et sexuels.
La cryothérapie prostatique est indiquée pour les patients atteints d’un cancer de la prostate localisé, à risque faible ou intermédiaire, avec une lésion visible à l’IRM et suffisamment localisée. Elle peut aussi être envisagée en cas de récidive après radiothérapie. Les patients souhaitant préserver leurs fonctions urinaires et sexuelles sont particulièrement concernés, à condition que la tumeur ne soit pas diffuse ou multifocale.
Les effets secondaires les plus fréquents sont une rétention urinaire transitoire nécessitant une sonde, des infections urinaires et une gêne périnéale passagère. Des complications plus rares incluent des troubles urinaires persistants ou une dysfonction érectile. Exceptionnellement, une fistule peut survenir. Ces effets restent globalement moins importants qu’avec une chirurgie radicale ou une radiothérapie, grâce au caractère focal du traitement.
La cryothérapie présente de bons résultats pour les cancers localisés sélectionnés. Environ 70 % des patients ont des biopsies négatives à 3 ans. La survie sans récidive biologique à 5 ans se situe entre 60 et 77 %. Sur le plan fonctionnel, la continence urinaire est préservée dans plus de 95 % des cas et la fonction érectile dans environ 70 % des situations, selon la localisation de la tumeur traitée.
Oui, une nouvelle séance de cryothérapie peut être envisagée en cas de récidive, si la maladie reste localisée. D’autres options thérapeutiques restent également possibles, comme une prostatectomie ou une radiothérapie. C’est l’un des avantages majeurs de cette technique : elle préserve les options de traitement ultérieures, contrairement à certains traitements radicaux qui limitent les possibilités de prise en charge en cas d’évolution.
La chirurgie retire la prostate entière ou une zone atteinte avec une marge de sécurité. La cryothérapie cible uniquement la zone tumorale.
Chirurgien Urologue à Paris
Spécialisé en technique mini-invasives, chirurgie robotique et traitement focal du cancer de prostate
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