2 décembre 2025

RETOUR AUX ACTUALITÉS

Chirurgie robotique et chirurgie laparoscopique pour la néphrectomie partielle robotique

Chirurgie robotique et chirurgie laparoscopique du rein
Pr Aurel Messas

CE QU'IL FAUT RETENIR:

La chirurgie mini-invasive robot-assistée a révolutionné la prise en charge des tumeurs rénales, permettant de retirer la tumeur tout en préservant le rein.

  • Néphrectomie partielle : Retrait ciblé de la tumeur avec une marge de sécurité, limitant l'impact sur la fonction rénale.
  • Technologies avancées : Utilisation de la reconstruction 3D et de la réalité augmentée pour une planification précise et sécurisée.
  • Clampage sélectif : Blocage de l'artère alimentant la tumeur pour préserver le reste du rein, vérifié par fluorescence infrarouge.

Ces innovations permettent une chirurgie moins invasive, réduisant la douleur postopératoire et accélérant la récupération.

L’évolution des techniques chirurgicales a profondément transformé la prise en charge des tumeurs rénales complexes. Aujourd’hui, grâce à la chirurgie mini-invasive robot-assistée, il est possible de retirer uniquement la tumeur rénale tout en préservant le reste du rein. Cette intervention chirurgicale, appelée néphrectomie partielle, repose sur une série d’avancées technologiques majeures qui permettent désormais une chirurgie plus précise, moins invasive et plus axée sur la préservation des fonctions rénales.

Interview du Pr Messas sur la Chirurgie robotique – Emission « Objectif Santé » – RCJ 3/2/2025

 

En quoi la chirurgie mini-invasive a-t-elle transformé la prise en charge des tumeurs du rein ?

La chirurgie mini-invasive permet aujourd’hui de traiter une tumeur tout en préservant le rein dans la majorité des cas. Grâce aux avancées des techniques opératoires, la prise en charge des tumeurs rénales localisées s’est profondément transformée. L’intervention de référence dans ce contexte est la néphrectomie partielle robot-assistée, qui consiste à retirer la tumeur avec une marge de sécurité tout en conservant le reste du rein intact. Il y a encore quelques années, cela impliquait une lombotomie : une large incision sur le flanc, parfois accompagnée de la résection de la 12ᵉ côte. L’approche était lourde, douloureuse, avec un risque de complications important et une convalescence prolongée.

Aujourd’hui, grâce à la chirurgie robotique mini-invasive, l’intervention se fait par de petites incisions. Le robot chirurgical offre une vision en trois dimensions, une grande liberté de mouvement et une précision gestuelle inégalée. Cette technique réduit significativement la douleur postopératoire, le risque infectieux et la durée d’hospitalisation. Elle est proposée en première intention pour les tumeurs de petite taille (moins de 4 cm), souvent découvertes de façon fortuite lors d’examens d’imagerie.

chirurgie robotique cancer rein

 

Pourquoi la reconstruction 3D est-elle essentielle avant l’intervention ?

Elle permet au chirurgien de visualiser l’anatomie exacte du rein avant même de commencer l’intervention. À partir d’un scanner injecté, des logiciels spécialisés génèrent une reconstruction tridimensionnelle du rein : tissu rénal, vaisseaux, cavités urinaires, et tumeur. Le chirurgien peut explorer ce modèle à l’écran, le manipuler, isoler certaines structures et anticiper les zones à risque.

Cette planification préopératoire est un élément clé dans les interventions de préservation du rein. Elle permet d’élaborer une stratégie sur mesure, de repérer l’artère alimentant la tumeur et de déterminer si un clampage sélectif est envisageable. Le geste devient ainsi plus ciblé et plus sûr.

Contrairement à l’interprétation classique d’images en coupes, cette visualisation interactive apporte une vraie compréhension spatiale. C’est un outil de précision qui contribue directement à la qualité de l’exérèse.

Lire aussi notre article sur le cancer du rein de stade 1

 

Nephrectomie robot assisteeNéphrectomie partielle robot-assistée : en quoi consiste la réalité augmentée au bloc opératoire ?

La réalité augmentée permet de fusionner la reconstruction 3D avec l’image réelle fournie par le robot. Au bloc opératoire, le Pr Messas utilise une technologie développée en collaboration avec des ingénieurs biomédicaux et des radiologues. Elle permet de projeter, en temps réel, le modèle 3D du rein sur la vue réelle observée par la caméra robotique. À l’écran, le chirurgien voit ainsi le rein tel qu’il est, mais enrichi des données vasculaires et tumorales issues du scanner.

Cette superposition d’images permet une navigation plus précise au sein du rein. Elle aide à anticiper le trajet des vaisseaux, à localiser la tumeur avec exactitude et à adapter la dissection. Dans ce contexte, elle évite de devoir « explorer » à l’aveugle le hile rénal.

Résultat : un geste plus rapide, plus sûr, avec moins de risques de lésion vasculaire ou de saignement.

 

Qu’est-ce que le clampage sélectif, et pourquoi est-il utile ?

Le clampage sélectif consiste à bloquer uniquement l’artère qui irrigue la tumeur, pour préserver le reste du rein. Lorsqu’on retire une tumeur, il est indispensable de stopper temporairement l’afflux sanguin pour éviter les saignements. Initialement, c’est l’artère rénale principale qui est clampée, ce qui coupe la circulation dans tout le rein. Toutefois cette ischémie globale, même temporaire, peut avoir un impact sur la fonction rénale, notamment si celle-ci est déjà diminuée.

Le clampage sélectif, désormais possible grâce à la reconstruction 3D, permet d’identifier une branche vasculaire secondaire qui alimente uniquement la tumeur. En la bloquant de façon ciblée, on peut travailler dans une zone asséchée sans priver le reste du rein d’oxygène. Cela représente un bénéfice fonctionnel réel pour le patient. Par ailleurs c’est aussi un gage de sérénité pour le chirurgien qui travaille sans la contrainte d’un « compte à rebours » lié à l’ischémie totale.

 

Comment vérifier que le clampage est efficace pendant l’intervention ?

Le contrôle se fait grâce à un colorant fluorescent visible en lumière infrarouge. Le Pr Messas injecte dans une veine du bras un marqueur appelé vert d’indocyanine qui devient fluorescent sous lumière infrarouge. Le robot passe alors en mode infrarouge : si la tumeur reste noire, cela signifie que la zone n’est plus vascularisée, le clampage est efficace. Si elle devient verte, cela indique qu’elle est encore irriguée par une autre branche, ce qui nécessite d’adapter le geste.

Ce contrôle en direct sécurise l’intervention. Il permet de vérifier immédiatement l’efficacité du clampage sélectif et d’éviter les complications liées à une revascularisation persistante. C’est une sécurité supplémentaire pour garantir une exérèse complète sans saignement excessif.

Lire aussi notre article sur les moyens de prévention d’une récidive du cancer du rein ?

 

Pourquoi parle-t-on d’une chirurgie de haute précision ?

Chaque étape est pensée pour préserver au mieux le rein, et retirer uniquement ce qui doit l’être. La néphrectomie partielle robotique repose sur un enchaînement de gestes assistés par la technologie : reconstruction 3D, réalité augmentée, ciblage vasculaire, contrôle peropératoire par fluorescence… Tous ces outils ont un seul et même objectif : préserver un maximum de parenchyme rénal sain.

Le geste est réalisé sans urgence, car seul le segment à retirer est dévascularisé. Le reste du rein continue de fonctionner normalement pendant l’intervention. Pour le patient, cela signifie moins de douleurs, un risque réduit de complications et une récupération postopératoire plus rapide.

Cette approche est particulièrement indiquée chez les patients jeunes, ceux atteints d’insuffisance rénale débutante, ou encore les personnes avec un rein unique. Elle redéfinit aujourd’hui les standards de la chirurgie conservatrice du rein.

Le Pr Messas, chirurgien urologue, s’inscrit dans cette dynamique. Il a contribué activement à intégrer ces technologies avancées dans la pratique quotidienne, en plaçant la précision et la personnalisation du geste au cœur de sa stratégie opératoire. Pour consulter le Pr Messas, vous pouvez prendre RDV ici.

 

5/5 - (1 vote)

Les autres actualités urologiques

L’anatomie et le rôle des reins

L’anatomie et le rôle des reins

Les reins jouent un rôle primordial dans le maintien de notre santé. Ils assurent des fonctions essentielles, comme la...

VOIR TOUTES LES ACTUALITÉS