26 juillet 2023

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Les traitements de l’adénome de prostate

Les derniers traitements de ladenome de prostate
Pr Aurel Messas
L’adénome de la prostate, encore connu sous le terme d’hypertrophie bénigne de la prostate, est responsable de troubles urinaires évoluant progressivement avec l’âge. Malgré le caractère bénin de cette affection prostatique, il est nécessaire de traiter l’adénome de prostate pour éviter la survenue de complications invalidantes.

Adénome de prostate : symptômes

L’adénome prostatique entraîne essentiellement des signes cliniques urinaires en raison de la compression qu’il exerce sur l’urètre. Ces symptômes sont d’apparition progressive et ont tendance à s’intensifier avec les années, impactant fortement la qualité de vie des hommes touchés.

Les symptômes urinaires de l’adénome de prostate les plus fréquents sont :

  • une pollakiurie (besoin fréquent d’uriner) diurne et nocturne ;
  • une urgenturie (besoin impérieux d’uriner, avec une incapacité à se retenir) ;
  • un jet urinaire interrompu, avec un départ retardé, un arrêt puis et une reprise ;
  • une baisse de la taille ou de la puissance du jet, avec parfois une miction goutte à goutte ;
  • une sensation de vessie non vidée après la miction, avec l’impression de devoir forcer pour uriner et possiblement des gouttes d’urines en fin de miction ;
  • des fuites d’urine ;
  • une incapacité soudaine à uriner ou une rétention aigüe des urines, avec la sensation d’avoir la vessie pleine entraînant des douleurs ;
  • des signes cliniques sexuels (diminution du jet éjaculatoire).

En présence de ces symptômes, il est recommandé de consulter un urologue pour mesurer le degré de gêne impactant la vie quotidienne, établir un diagnostic précis et proposer une prise en charge thérapeutique adaptée.

Consultation adénome de prostate

Adénome de prostate : les traitements possibles

Le traitement d’une hypertrophie prostatique bénigne dépend de plusieurs critères, comme le volume de l’adénome, l’intensité des symptômes urinaires, la gêne ressentie au quotidien, l’état de santé général du patient et le résultat des examens complémentaires réalisés dans le cadre du diagnostic. Il peut aller de la simple surveillance au traitement chirurgical.

 

Surveillance

Si l’adénome prostatique ne provoque pas de troubles urinaires, si la gêne ressentie par les patients est très légère ou bien tolérée, s’il n’existe pas de complication et si la vidange de la vessie est aisée, l’équipe de soins peut décider d’un protocole de surveillance avec des consultations régulières (au moins une fois par an).

Des règles hygiéno diététiques sont cependant à intégrer, comme l’arrêt de la consommation de caféine et d’alcool, la réduction de la consommation de boissons le soir, la pratique d’une activité physique régulière et la prévention de la constipation.

La mise en place d’un traitement est alors retardée jusqu’à l’apparition de symptômes ou d’une gêne affectant la vie quotidienne.

 

Traitement médical de l’adénome de la prostate

Un traitement médical est envisagé lorsque les signes cliniques impactent modérément le quotidien. Il s’agit le plus souvent de médicaments par prise orale qui visent à soulager la symptomatologie, sans traiter pour autant leur cause : l’adénome de prostate.

En fonction du profil des patients, le traitement médical peut être de la phytothérapie (extraits de plantes), des alpha bloquants, des inhibiteurs de la 5ARI (5-alpha-réductase) ou une association d’alpha bloquants + 5 ARI.

La famille des alpha bloquants regroupe des médicaments comme Doxazosine, Alfuzosine, Tamsulosine ou encore Térazosine. Ces traitements facilitent l’élimination des urines en empêchant la contraction des voies urinaires. L’efficacité se manifeste rapidement (après 2 ou 3 jours de prise) et les effets secondaires sont rares.

La famille des inhibiteurs de la 5-alpha-réductase regroupe des médicaments tels que Dutastéride ou Finastéride. Ces traitements empêchent la fabrication de la testostérone de façon à réduire le volume de la glande prostatique d’environ 25-30 % après un an de prise. En revanche, ils peuvent entraîner des effets secondaires sur le plan sexuel, comme une diminution de la libido ou des troubles érectiles.

Toutes ces catégories de médicaments présentent une efficacité similaire et permettent de réduire le recours au traitement chirurgical.

Outre le traitement médical, il est vivement recommandé d’adapter son hygiène de vie en évitant la consommation de caféine ou d’alcool, en étant plus actifs et en évitant les longs trajets en voiture.

Traitement adenome de prostate

Traitement chirurgical de l’adénome de la prostate

Lorsque la maladie évolue et qu’elle entraîne des complications comme des saignements, des calculs vésicaux, une rétention d’urine, une insuffisance rénale obstructive ou des diverticules de vessie, et en l’absence d’efficacité du traitement médical, la question d’une prise en charge chirurgicale se pose.

Différentes options sont alors possibles :

 

La résection transurétrale de l’adénome de la prostate

Le chirurgien retire l’adénome sous endoscopie en passant par l’urètre puis met en place une sonde vésicale pendant quelques jours.

 

Traitement chirurgical de l’adénome de la prostate par incision cervico-prostatique

L’opération se déroule par voie endoscopique et consiste à inciser de façon minime la prostate au niveau du sphincter lisse et de la face postérieure, sans retirer l’adénome. Une sonde vésicale est ensuite mise en place pour une courte durée. Les suites sont simples et il n’y a généralement pas de troubles de l’éjaculation.

 

Traitement de l’adénome de la prostate par adénomectomie par voie sus-pubienne

Le chirurgien retire l’adénome prostatique complètement par voie transvésicale (par la vessie) ou transprostatique (par la prostate) grâce à une courte incision. Cette technique n’entraîne pas de troubles érectiles, mais peut affecter l’éjaculation (éjaculation rétrograde).

D’autres traitements peuvent être envisagés dans certains cas, comme l’embolisation, le laser, la cryothérapie, la radiofréquence ou l’hyperthermie localisée.

 

Traitement de l’adénome de la prostate par le Rezum

Le traitement Rezum consiste à injecter de la vapeur d’eau dans les zones ciblées de la glande prostatique pour diminuer les zones qui sont responsables de l’obstruction de l’urètre. Il s’agit d’une thérapie mini-invasive qui peut être envisagée face à un adénome de prostate. La technique Rezum est née aux États-Unis, où elle est validée par la FDA. En France, elle est remboursée par la sécurité sociale depuis Avril 2023.

 

Traitement de l’adénome de la prostate par Urolift

Il s’agit d’une pose d’implant intra-prostatique réalisée par une technique de chirurgie mini-invasive qui présente de nombreux bénéfices pour les patients. Cette procédure consiste à comprimer de façon mécanique les lobes prostatiques grâce à des implants. La lumière urétrale est alors désobstruée immédiatement.

L’un des principaux avantages du traitement par Implants Urolift pour les patients est la préservation de la vie sexuelle et de l’éjaculation. Par ailleurs, le temps de récupération est plus court qu’avec certains autres traitements, et les patients ressentent moins de douleurs postopératoires.

La procédure est réalisable en une heure en moyenne et ne présente pas d’effets secondaires majeurs. Le geste peut être réalisé sous anesthésie locale en ambulatoire. Il n’implique aucune incision. Les résultats obtenus sont habituellement durables.

Le traitement par Urolift permet de réduire les symptômes et conserve la qualité de vie des patients

 

Traitement de l’adénome de la prostate par embolisation prostatique

L’embolisation de la prostate permet de réduire voire d’éliminer complètement les symptômes liés à l’adénome prostatique sans altérer la fonction sexuelle. L’éjaculation est conservée. De plus, ce traitement réduit les risques inhérents à la chirurgie comme les saignements, les infections urinaires ou le blocage temporaire de la vessie. Les risques de complications sont rarissimes avec cette technique. Ce traitement agit seulement par les vaisseaux sans devoir inciser la peau : il n’y a donc pas de cicatrice visible.

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